Leçons apprises
Le Centre de connaissances rassemble les leçons apprises par les membres de nos communautés de pratique sur divers sujets liés à la recherche, à la prévention et à l’intervention en matière de la violence familiale et fondée sur le sexe (VFFS). Cette page propose des vidéos et d’autres ressources accessibles destinées à aider les chercheurs, les professionnels et toute autre personne travaillant dans ce domaine.
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Les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe doivent tenir compte des traumatismes et de la violence à chaque étape
- Renforcer, au sein de l’équipe, la compréhension des traumatismes, de la violence et de leurs répercussions sur la vie et les comportements des personnes.
- Créer des environnements émotionnellement, physiquement et culturellement sécuritaires pour le personnel et les personnes participantes.
- Favoriser des occasions de choix, de collaboration et de liens, tant pour le personnel que pour les personnes participantes.
- Adopter une approche axée sur les forces et le renforcement des capacités afin de soutenir le personnel et les personnes participantes.
- Tenir compte des traumatismes et de la violence signifie aussi adopter une approche centrée sur les personnes survivantes et porter attention à la transformation des rapports de genre, à la sécurité culturelle, aux traumatismes raciaux et à l’équité, ainsi qu’au bien-être et à la résilience.
Les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe doivent être flexibles, adaptées au context et sensibles aux réalités culturelles
- Se préparer à s’adapter au contexte, aux besoins (changeants) des personnes participantes ou de la communauté, aux défis imprévus et à l’évolution des technologies.
- Recueillir de la rétroaction durant les phases pilotes et adapter l’initiative en conséquence.
- Il n’existe pas de solution universelle. Les initiatives (recherche, programmes, stratégies d’évaluation, etc.) devraient souvent être adaptées à des publics et à des contextes précis afin d’être pertinentes et sensibles aux réalités culturelles.
- Prendre le temps de bien connaître le contexte et la communauté (p. ex., en participant à des événements), ce qui est important pour la communauté, ainsi que ses besoins, etc.
- Mobiliser les partenaires et les champion·nes communautaires et d’autres parties prenantes de la communauté (si possible, de façon continue) pour contribuer à la planification et à la conception, et/ou au codéveloppement d’outils, de programmes et de services.
- Trouver des façons de mobiliser chaque partie prenante en fonction de son temps et de son expertise, tout en conciliant des points de vue divergents.
- Planifier le cadrage de l’initiative (p. ex., la description de son objectif) et son contenu en fonction du public afin d’accroître l’adhésion, de trouver écho auprès du public et de répondre à ses besoins.
- Planifier le format de l’initiative de manière à ce qu’il convienne au public cible. Examiner les avantages et les inconvénients des formats virtuels, en personne ou hybrides pour le public cible. Par exemple :
- Les initiatives en présentiel peuvent favoriser des relations plus solides et être plus accessibles pour certaines personnes (p. ex., les personnes n’ayant pas accès à Internet ou à un appareil, ou ne pouvant pas participer en toute confidentialité depuis leur domicile).
- Les initiatives virtuelles peuvent réduire la stigmatisation et les obstacles liés à la vie privée (en particulier dans les communautés rurales, éloignées et nordiques de petite taille), et offrir un sentiment d’anonymat et de sécurité pouvant permettre à certaines personnes d’exprimer leur vulnérabilité et de partager avec d’autres lors de discussions de groupe; elles peuvent aussi être plus accessibles pour certaines personnes (p. ex., les personnes vivant dans des communautés rurales, éloignées et nordiques).
- Utiliser une terminologie adaptée à la culture et prendre le temps d’expliquer les concepts. Au besoin, fournir des traductions et recourir à des interprètes culturel·les et linguistiques afin d’améliorer l’accessibilité et la communication avec les personnes participantes.
- Embaucher une équipe qui reflète la diversité du public cible.
Les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe exigent du temps et des relations
- Chaque phase d’une initiative — planification et codéveloppement, recrutement, reconnaissance et adoption par le public cible, mise en œuvre, évaluation, etc. — prend du temps et doit avancer au rythme nécessaire pour établir des relations et un lien de confiance avec la communauté.
- Ne pas précipiter la phase de planification et de développement. Consacrer du temps aux partenaires communautaires, au public cible et aux autres parties prenantes (p. ex., participer à des événements) afin de :
- Bâtir la crédibilité, la confiance et les liens
- Comprendre le contexte ou la communauté
- Adapter le format et le contenu de l’initiative
- Favoriser une compréhension commune et des attentes partagées
- Mobiliser les parties prenantes à toutes les phases de l’initiative.
- Établir des attentes et des orientations claires avant d’embaucher et de former le personnel.
- Prendre le temps de bâtir des relations entre le personnel (p. ex., les animateurs et animatrices de programme) et les personnes participantes ou le public cible.
- Au début des cercles de formation et des autres programmes, prendre le temps d’apaiser les ressentiments et les émotions, et de dissiper les idées fausses.
- Lorsque cela est possible, offrir un soutien prolongé et ciblé aux personnes participantes qui ont acquis des outils grâce à une initiative, mais qui continueront de faire face à des besoins complexes. Par exemple, tirer parti des partenariats pour créer des stratégies de durabilité adaptées aux personnes participantes à la suite d’un programme (logement, emploi, prestataires de services de santé mentale sensibles aux réalités culturelles).
- Lorsque cela est possible, évaluer les retombées d’une initiative sur plusieurs années.
Les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe nécessitent un soutien structurel et organisationnel
- Pour assurer la pérennité des initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe, il faut un financement adéquat et continu, le soutien et l’engagement de la direction de l’organisme, ainsi que des politiques organisationnelles alignées sur les principes des initiatives.
- Il faut également des structures organisationnelles et de financement qui permettent :
- De prévoir suffisamment de temps de souplesse pour planifier, adapter et mettre en œuvre une initiative d’une manière qui tient compte des traumatismes et de la violence (p. ex., du temps pour établir des relations et codévelopper avec les partenaires communautaires, du temps pour assurer la pertinence culturelle).
- De donner au personnel accès à l’éducation et au perfectionnement professionnel nécessaires.
- D’embaucher des superviseur·e·s et des mentor·e·s d’expérience.
- Le personnel de l’initiative peut devoir plaider en faveur d’un soutien structurel et organisationnel (et identifier d’autres champion·nes communautaires pour plaider en ce sens).
Le recrutement et la retention pour les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe peuvent être longs et coûteux
- Prévoir beaucoup de temps et des coûts importants pour le recrutement et la rétention du personnel.
- Adapter les stratégies de recrutement à la population cible.
- Aller à la rencontre des personnes participantes là où elles se trouvent : déterminer les meilleurs lieux, plateformes et horaires pour le recrutement, la collecte de données et la prestation des programmes.
- Utiliser un langage axé sur les forces plutôt qu’un langage axé sur les déficits dans le matériel de recrutement.
- Tenir compte de la motivation des personnes participantes à prendre part à l’initiative, et en tirer parti lors de la conception des méthodes de recrutement et de rétention (p. ex., le désir de contribuer à une recherche qui aidera d’autres personnes; une intervention auprès des hommes pourrait être présentée en fonction de priorités communes telles que la sécurité psychologique, la cohésion d’équipe ou l’excellence opérationnelle).
- Tenir compte de la sécurité des personnes participantes (p. ex., le recrutement de personnes vivant actuellement de la violence peut comporter des risques).
- Examiner comment le contexte et les normes de groupe peuvent influencer le recrutement et la rétention (p. ex., la stigmatisation et la discrimination liées à la violence familiale et fondée sur le sexe dans les communautés nouvellement arrivées) et adapter le cadrage de l’initiative en conséquence.
- Examiner comment le climat politique peut influencer le recrutement (p. ex., les partenaires communautaires peuvent être difficiles à recruter en cas d’incertitude politique et de manque de ressources).
- Prendre le temps d’établir des relations et de bâtir une solide reputation dans la communauté avant le recrutement.
- Établir des partenariats solides avec des organismes qui ont déjà des liens avec le groupe cible et qui pourraient appuyer la sensibilisation Communautaire et le recrutement.
- Identifier des champion·nes communautaires ou des ambassadeurs ou ambassadrices pour agir comme porte-parole ou recruteurs·euses de l’initiative.
- Mener des activités de sensibilisation communautaire et d’éducation sur la Valeur de l’initiative (p. ex., organiser un événement social pour expliquer l’initiative, présenter les animateurs et animatrices de programme et les chercheur·e·s à la communauté, et établir des relations avec la communauté et les personnes participantes potentielles).
- Utiliser plusieurs plateformes (hors ligne et en ligne) pour la promotion de l’initiative et le recrutement.
- Médias sociaux (publications et publicités payantes ciblées)
- Document d’information accompagné d’un code QR
- Recommandations et bouche-à-oreille
- Affiches dans des lieux fréquentés
- Collaboration avec des partenaires communautaires
- Prise de contact directe et personnalisée (p. ex., appels téléphoniques, messages textes, kiosques ou discussions avec des personnes participantes potentielles dans des lieux publics pertinents, événement social organisé)
- Recourir à des stratégies personnalisées lorsque possible (p. ex., effectuer des démarches personnelles).
- Fournir des rappels et des ressources pour soutenir la participation et la rétention, p. ex., rémunération, transport, billets d’autobus, collations, garde d’enfants et soutien linguistique.
Les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe nécessitent un soutien continu du personnel
- L’épuisement professionnel du personnel, le traumatisme vicariant et les répercussions des facteurs structurels peuvent contribuer à un roulement du personnel élevé et perturber la continuité du programme et l’engagement des personnes participantes.
- Planifier et budgétiser de manière proactive le soutien au bien-être du personnel (p. ex., ajouter 20 % au budget).
- Consacrer le temps et les ressources nécessaires pour offrir un soutien continu, de la supervision, du mentorat et des mesures de soutien au bien-être (p. ex., soutien en santé mentale, formation en autosoins, avantages sociaux, rémunération adéquate) aux chercheur·e·s, aux animateurs et animatrices de programme et aux autres membres du personnel susceptibles d’aborder des sujets difficiles.
- Embaucher une équipe suffisamment nombreuse.
- Fournir au personnel des objectifs et des attentes clairs.
- Offrir une formation suffisante (idéalement pratique) au personnel afin d’accroître sa confiance dans la prestation d’une initiative. Offrir la formation de façon continue peut permettre au personnel de poser des questions qui émergent lors des premières itérations d’une initiative.
- Établir des relations significatives entre les membres du personnel (p. ex., grâce à des reunions régulières et à des séances de compte rendu), en réservant du temps et un espace pour discuter des forces et des défis. Cela peut contribuer à renforcer la confiance, la résilience, le sentiment d’appartenance, la responsabilité collective du bien-être et l’engagement commun.
- Utiliser d’autres pratiques tenant compte des traumatismes et de la violence pour aider à repérer et à prévenir l’épuisement professionnel du personnel.
- Promouvoir des stratégies et des structures organisationnelles qui soutiendront le bien-être du personnel.
La prise de décision éthique en recherche pour les initiatives en matière de violence familiale et fondée sur le sexe comporte des défis particuliers et devrait tenir compte des traumatismes et de la violence
- Tenir compte du temps considérable souvent necessaire pour obtenir l’approbation d’un comité d’éthique de la recherche.
- Envisager des cadres pertinents, comme les principes de la recherche tenant compte des traumatismes et de la violence (sécurité, confiance, collaboration, autonomisation, voix et choix) et les principes de PCAP® des Premières Nations (propriété, contrôle, accès et possession).
- Mobiliser les partenaires, les champion·nes et les autres parties prenantes dans la prise de décision éthique.
- À certains moments, il peut être nécessaire de défendre sa position et d’aider les comités d’éthique de la recherche à mieux comprendre :
- La valeur et la nécessité des approches tenant compte des traumatismes et de la violence ainsi que des mesures de sécurité
- La valeur et la nécessité des approches communautaires
- La force et l’agentivité des personnes survivantes et des autres personnes participant à la recherche sur la violence familiale et fondée sur le sexe
- Les risques réels liés à la participation à une recherche sur des sujets sensibles (p. ex., fournir des références à des données probantes montrant que la participation à une recherche sur le sujet d’intérêt n’est pas traumatisante)
- La valeur de la participation à la recherche pour les personnes participantes potentielles (p. ex., renforcer l’agentivité, offrir l’occasion de partager des expériences, offrir un accès équitable à la recherche et à la participation à des programmes pilotes)
- Les avantages de la recherche pour la société
- Les risques associés aux retards de la recherche (p. ex., retards dans la prestation de services)
Les initiatives virtuelles en matière de violence familiale et fondée sur le sexe nécessitent des considerations supplémentaires en matière de sécurité et d’accessibilité
- Veiller à ce que les personnes participantes puissent participer en toute confidentialité (ce qui est particulièrement important si d’autres personnes participent à un programme de groupe et pourraient être identifiées).
- Envisager de fournir des ressources pour réduire les obstacles à l’accès, comme des tablettes et des cartes de données mobiles.
- Évaluer les risques pour la sécurité et la vie privée ainsi que les mesures d’atténuation.
- Dans certains cas, il peut être préférable d’exiger que les personnes participantes activent leur vidéo afin que le personnel en animation puisse s’assurer que les bonnes personnes sont présentes et qu’elles sont en sécurité et se sentent bien.
- Dans d’autres cas, la vidéo peut nuire au confort et à la vie privée des personnes participantes
- Dans la mesure du possible, offrir aux personnes participantes le choix d’activer ou non leur caméra, ce qui peut leur donner un sentiment de contrôle
- Envisager des moyens d’offrir des choix et des possibilités de contrôle (p. ex., permettre aux personnes participantes de choisir leurs propres pseudonymes ou avatars).
L’apprentissage tiré des interventions tenant compte des traumatismes est intégré à la vie quotidienne
Le fait de voir les participants intégrer l'apprentissage tenant compte des traumatismes dans d'autres aspects de leur vie, au-delà de la programmation, est un indicateur de réussite. L’apprentissage tenant compte des traumatismes est intégré à la vie quotidienne.